L’EXPLOSION DE GAZ EST UN ACCIDENT DOMESTIQUE MAJEUR
Aucune donnée statistique nationale n’est actuellement disponible sur
les accidents dus aux explosions de gaz survenant dans les bâtiments
d’habitation. Cependant, la Commission de la Sécurité des Consommateurs
(France), dans son Avis relatif aux explosions de gaz du 8 novembre
1995, souligne l’extrême gravité de cet accident et souhaite qu’un
ensemble de mesures soient prises pour en limiter la survenue et qu’une
meilleure information soit faite auprès du grand public.
Contrairement à la grande majorité des accidents domestiques qui
concernent généralement une seule victime, (chute, brûlure, coupure,
noyade, morsure, intoxication médicamenteuse et blessures diverses etc.)
l’explosion de gaz est un accident domestique majeur:
- Elle concerne d'emblée toutes les personnes présentes sur le lieu d'origine et fait en général des victimes multiples. Les enfants sont les victimes passives de ces accidents qu’ils subissent avec leurs parents. L’explosion de gaz qui a ravagé un immeuble à Massy en octobre 90 a fait 7 morts dont deux enfants et 8 blessés graves, dont 3 enfants. Celui qui s’est produit à Dijon le 5 décembre 1999 a causé la mort de 11 personnes dont deux enfants.
- Elle implique rapidement le voisinage du fait des phénomènes qu’elle engendre. On peut être victime d'une explosion alors que sa source ne provient pas de chez soi.
- Ses conséquences sont particulièrement graves pour les victimes que ce soit en termes de décès ou de handicaps sévères à long terme. L’explosion, par l'importance des phénomènes qu'elle engendre, touche très rapidement les fonctions vitales de l'individu. Les victimes d’explosion sont des victimes polytraumatisées. Outre les brûlures par flammes, celles-ci souffrent de blessures diverses comme l’atteinte de l’appareil auditif (surdité) ou de l’appareil pulmonaire.
Les causes d’explosion
Si les explosions impliquant la destruction d’un bâtiment, trouvent
leur source dans la rupture de la chaîne de prévention avant compteur
(canalisation, travaux, glissement de terrain) la plupart des accidents
dus au gaz et n’impliquant souvent qu’un logement sont dus à des
comportements inadaptés, voire au non respect de la réglementation de la
part des usagers.
Selon Gaz de France, 98% des accidents, fuites et explosions de gaz
imputables au gaz naturel (méthane) ont pour cause la vétusté des
installations, l’absence d’entretien des appareils et les comportements
imprudents. Selon GDF, dans 50% des logements utilisant le gaz naturel
(méthane), la sécurité des installations et des appareils, après
compteur, est jugée insuffisante, voire dangereuse. Pourtant, 80% des
utilisateurs estiment que leur installation, après compteur, est sûre.
Contrairement à ce que l’on croit, le gaz naturel -qui est utilisé par
8,5 millions de foyers français- n’est pas à l’origine de l’ensemble des
explosions de gaz . La CSC rappelle dans son avis qu’en 1992, les
services incendie ont recensé 22 explosions de gaz, et 8 explosions
imputables à des bouteilles de gaz.
La presse se fait régulièrement l’écho d’explosions de gaz imputables à
des produits très divers: nettoyeur haute pression, bouteille de soda,
produits conditionnés en aérosol. Le manque de respect des consignes
d’utilisation préconisées par le fabricant et les vices cachés en sont
les causes les plus fréquentes. Les conséquences de ce type d’explosion
sont graves entraînant séquelles et handicaps à long terme.
Les conditions propices à une explosion
Tous les gaz sont explosifs dès lors que leur mélange dans l’air atteint
une certaine concentration. Pour le gaz naturel (méthane) ce mélange se
situe entre 5% et 15% de gaz dans l’air ambiant. Elle est comprise entre
1,8% et 8,8% pour le gaz butane et entre 2,4% et 9,3% pour le gaz
propane. En dessous de la limite inférieure et au dessus de la limite
supérieure, il n’y a pas de risque d’explosion.
Une étincelle suffit
Quand ce mélange air/gaz explosif est atteint, une étincelle suffit. Le
simple fait de mettre en route une machine à laver, de décrocher son
téléphone, y compris un téléphone portable, d’allumer la lumière ou une
cigarette est suffisant pour que l’explosion se produise.
Le confinement
Il faut entre 6 et 10 heures pour que l'air ambiant d’une cuisine
devienne explosif avec une fuite de gaz, selon l’importance du débit de
gaz et du volume de la pièce. Mais cela peut prendre quelques minutes,
si le mélange air/gaz se situe dans un coin de mur, sous l’évier, ou à
proximité d’un appareil électrique ou d’une flamme.